AUX MUREAUX LES HABITANTS MOBILISÉS !

Mardi 15 novembre dernier avait lieu aux Mureaux la cinquième rencontre de «Construire ensemble GPS&O». Plus de 250 habitants des villes et villages alentours sont venus échanger sur leur vision du territoire et de son avenir.

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« N’hésitez pas à prendre la parole et n’hésitez pas à nous dire ce que vous avez à nous dire sur votre territoire », a lancé en préambule Philippe Tautou, président de la communauté urbaine. Les habitants ne se le font pas dire deux fois et s’emparent du micro pour s’exprimer librement.

LES TRANSPORTS : UN LIEN INDISPENSABLE

« Il y a un problème qui nous touche tous, c’est la question des déplacements ! », lance un habitant de Nézel. Madame Chouquet, Meulanaise de longue date, témoigne à l’inverse : «dans mon village, il ne faut rien changer ! On n’a pas de transports mais on se débrouille comme on peut». Mais force est de constater qu’elle fait plutôt figure d’exception. Violaine, habitante d’Aubergenville travaillant régulièrement sur Paris, explique : « j’ai voulu aller travailler sur Paris hier et je n’ai pas pu y aller à cause des problèmes de transports ». Et d’ajouter que « la communauté urbaine devrait être avant tout une communauté pour l’accessibilité de tous aux transports en commun ». Même son de cloche pour Anne-Marie, habitante des Mureaux et adepte de tous les modes de transports : «je passe du vélo à la voiture, du train, au bus sans arrêt, mais ça n’est pas toujours facile». Premier chantier à mettre en œuvre pour faciliter la mobilité des habitants : « un plan de déplacement cohérent articulé sur les trois axes : le travail, les loisirs, les études. Pourquoi est-ce qu’on fait une nouvelle passerelle à Limay alors qu’aux Mureaux on ne le fait pas ? », interroge-t-elle enfin.

 Car derrière les problèmes des transports, c’est surtout plus de liens entre les communes que les habitants recherchent. « Ce que je reproche ici, c’est le manque de communication entre les communes. On n’arrive pas à traverser la Seine, on dirait qu’il y a une barrière », ajoute un Drocourtois.

UN TERRITOIRE DE RÉUSSITE POUR TOUS

Hugues Emont, le directeur du site Airbus des Mureaux, observe en début de rencontre : «pour que le territoire fonctionne, il faut qu’il y ait de l’emploi».

Si le constat semble partagé dans la salle, certains s’interrogent. Sophia habitante des Mureaux avance : « c’est bien que des entreprises viennent s’installer ici, mais moi j’ai l’impression que la population aux alentours n’en profite vraiment pas et je trouve ça déplorable ». Mickael, qui réside également aux Mureaux, abonde dans ce sens : « quand on est trop jeune, on n’a pas assez d’expérience, quand on est trop vieux, ils ne nous prennent pas. Moi, j’ai des copains qui sont noirs ou arabes et on ne les embauche pas à cause de ça. Alors si vous voulez qu’il y ait de l’emploi, dites aux patrons d’accepter tout le monde ! »

Quant à ceux qui pensent que c’est une question de motivation et d’envie, un jeune participant répond : « il y a quelque chose qui me fait tressaillir : qu’on dise que les jeunes sont démotivés. Moi je suis apprenti, j’ai cherché partout une entreprise sur le territoire et je n’ai pas trouvé. Alors on a un grand projet : le GPS&O. C’est très bien mais est-ce qu’il va profiter à ceux qui vivent ici ou à des gens venus de l’extérieur. À quoi ça sert d’améliorer le territoire si nous-mêmes on ne peut pas en profiter ? », conclut-il avant d’être vivement applaudi par la salle. Pour Anissa, jeune étudiante à Paris, la question se pose aussi en termes d’éducation : « il y a un problème concernant l’éducation dans ce pays. Quand j’entends qu’il y a un programme pour les jeunes des quartiers à la Sorbonne, je me dis que ça ne va pas. On n’a pas les mêmes cours dès le collège, comment vous voulez qu’on s’en sorte à la Sorbonne ensuite ? »

Prenant l’exemple des grandes universités américaines, un autre jeune participant suggère de s’appuyer sur le potentiel existant pour faire émerger de véritables « pôles d’activités, capables de créer des incubateurs, des sociétés, de ramener des gens du monde entier et finalement de créer de la valeur ajoutée pour tout le territoire. Aujourd’hui, nous avons des grandes écoles à proximité, des axes de transports très forts et un paysage magnifique. Le bassin a du potentiel. Créons par exemple des groupes de travail pour exploiter ce potentiel », ajoute-t-il pour clôturer son intervention.

 En fin de rencontre, plusieurs participants ont questionné la place des habitants dans la construction du futur projet. « Je pense que c’est une parodie de concertation, tout est beau, tout est vert », lance en préambule, Michel, de Verneuil-sur-Seine. « En fait, poursuit-il, on n’a pas très bien compris quels étaient les impératifs des communes, quels étaient les projets de GPS&O, comment GPS&O peut se positionner par rapport à des grands projets ». Sans doute n’est-ce pas si simple, comme semble le suggérer un nouvel arrivant venu de Bretagne : « je pense que notre communauté urbaine va rencontrer les mêmes difficultés que l’Europe, c’est- à-dire de s’entendre entre les grandes et les petites communes, dans ce territoire si diversifié ». Elie, des Mureaux, fondateur d’une entreprise locale de fabrication de yaourts, interpelle la salle : « tout le monde a peur, il faut combattre ça, il y a de l’espoir dans ce nouveau projet. Maintenant que le projet est là, il faut en parler et avancer ensemble pour voir comment on peut donner satisfaction à tout le monde ».

Répondant à ceux qui voient la démarche comme une parodie, le président a affirmé : « la première chose, c’est que chacun peut s’exprimer dans ces réunions, il n’y a pas de sujets tabous, y compris dans le film. Tous les témoignages évoquent des domaines très différents et cela prouve que en réalité vous attendez beaucoup de GPS&O ! » avant de conclure « le territoire mérite qu’on continue de l’aimer comme vous l’aimez, l’attachement à votre ville ou à ce territoire est fort.. et je suis comme vous. Je n’ai pas du tout l’intention de faire en sorte que ce territoire soit terni par des projets qui n’ont ni queue ni tête. C’est une volonté que nous avons, avec l’ensemble des élus, de faire en sorte de vous proposer dans les mois qui vont venir un projet qui permettra à chacun d’entre vous de dire : on va mieux vivre ensemble ».

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