AUBERGENVILLE : LE DÉBAT SE POURSUIT !

Le mercredi 9 novembre dernier, la quatrième rencontre de « Construire ensemble GPS&O » a eu lieu à Aubergenville. Plus de 250 personnes s’était donné rendez-vous à la Maison des associations de la ville.

« Tout le monde devrait avoir son opinion sur ces choses-là », lance un jeune collégien pour ouvrir la rencontre. À en croire la suite de la soirée, sa parole a été entendue par les habitants qui ont pris la parole en toute franchise, dans une ambiance animée ! Retour sur les moments forts.

ÊTRE ENSEMBLE SUR LE TERRITOIRE

Tout au long de la rencontre, les habitants ont souhaité affirmer qu’il était possible de vivre ensemble : « quelque chose à construire ensemble, c’est déjà essayer d’être tolérant. C’est très important. Et puis penser que les uns ou les autres peuvent apporter à chacun », souligne un collégien d’Aubergenville. Pour un autre habitant, les aspirations sont totalement différentes entre les jeunes et les plus âgés, et il va bien falloir trouver quelque chose pour les deux ! Il y a « une sorte de conflit dans ce que nos anciens attendaient et ce que nos jeunes espèrent aujourd’hui. Quand on regarde et quand on écoute les gens qui sont intervenus, on s’aperçoit qu’une génération qui pourrait être la mienne recherchait au départ la nature, la tranquillité, etc., et que nos jeunes aujourd’hui recherchent eux la communication, l’échange, les moyens de transport, l’éducation. C’est tout à fait normal », indique-t-il. Il va falloir trouver quelque chose pour les deux. Pour une autre habitante, la richesse culturelle du territoire pourrait jouer un rôle unificateur : « je vis des grands moments sur ce territoire, des grands moments de culture ». A condition que l’on puisse avoir accès à l’information : « j’ai besoin d’un outil de communication qui me dise ce qu’est ce patrimoine dont on parle. Comment je peux savoir ce qu’il se passe à Fontenay-Saint-Père, à Mantes ? »

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Pour autant, les habitants échangent pour savoir si tout doit se faire à l’échelle de GPS&O. Le curé de la paroisse rappelle l’importance de la commune : « on ne s’identifie pas encore vraiment, à mon sens, à une communauté d’agglomération, ça viendra peut-être. Je comprends bien que c’est l’objectif mais je pense qu’il faut qu’il y ait encore des choses qui soient vécues, décidées à l’échelle d’une commune parce que c’est à ça qu’on s’identifie ». Un habitant de Nézel traduit cette même idée : « ce qui me fait un peu peur dans ce GPS&O, c’est de ne pas être entendu et que nos besoins et envies locaux ne soient pas pris en compte ». Un autre questionne : « quel va être le pouvoir de mon maire au sein de GPS&O ? ». Un habitant de Fontenay-Saint-Père complète : « les habitants ne le savent pas toujours : demain, le PLU de chez eux, de leur ville, de leur village ne sera plus décidé par le maire, il sera décidé ailleurs, par des gens qui ont été élus et qui auront un rapport avec les habitants qui sera plus éloigné ». La sénatrice-maire d’Aubergenville, à l’écoute depuis le début de la rencontre, réagit : « ce n’est pas Grand Paris Seine & Oise qui a décidé que la maîtrise des sols n’appartiendrait plus aux communes, c’est la loi. Mais ce plan local d’urbanisme intercommunal doit être approuvé par chacune des communes ».

Un lycéen qui pense à l’avenir du territoire considère lui que « cette idée de GPS&O permettrait d’avoir la création d’un ensemble vraiment soudé, qu’on puisse faire des actions à grande échelle, qu’on ne se retrouve plus bloqué dans notre ville et notre milieu direct, qui est le lycée, les petits commerces et nos habitations ».

LIER FORMATION ET EMPLOI : UNE PRIORITÉ

Parmi les autres sujets abordés, celui du projet d’extension de la carrière de Brueil-en-Vexin a fait l’objet de plusieurs interventions. « On parle de l’usine Calcia qui est une cimenterie de l’autre côté de la Seine. Il est grand temps que les politiques se mettent autour de la table, écoutent la population sur des sujets aussi importants, parce que quand je parle de la pollution de l’air, je n’ai même pas parlé de la pollution de l’eau », indique un responsable associatif à ce propos. Autre sujet abordé pour la première fois, celui de la santé. « Est-ce que GPS&O sera compétent au niveau de la santé sur toutes ces communes ? » interroge un habitant d’Issou.

Mais le sujet fort de la rencontre était la question des liens entre attractivité économique, emploi et formation. Dans la salle, employeurs et employés, jeunes et moins jeunes se sont répondus, sans oublier les formateurs également présents. Dès le départ, le directeur de l’usine Renault de Flins pose le problème en ces termes : « c’est choquant ce que je dis dans l’enquête, il y a sûrement des demandeurs d’emploi dans la salle et moi je dis que je n’arrive pas à recruter. Ce projet sera réussi si on arrive à faire en sorte que je ne sois plus capable de dire cela ».

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Une enseignante du lycée professionnel des Mureaux observe : « il y a certains élèves qui vont facilement trouver des stages, du travail ou poursuivre leurs études et d’autres, la majorité, qui vont avoir des difficultés. Parce qu’ils n’ont pas la bonne couleur, parce qu’ils n’ont pas le bon nom, parce qu’ils n’ont pas la bonne religion ou parce qu’ils n’ont pas la bonne éducation ». Un chef d’entreprise considère qu’au-delà des « discriminations », c’est « la formation donnée dans les écoles qui ne correspond plus aux besoins des marchés », ajoutant simple- ment : « je reçois des noms qui ne sont absolument pas gaulois d’origine, je ne peux pas les prendre. Non pas parce qu’ils sont noirs, blancs, jaunes ou verts : ils ne correspondent pas aux besoins de l’entreprise ». Du côté des solutions, c’est encore un lycéen qui interroge : « on ne peut pas trouver tous types de formations dans cette région, c’est normal. On ne peut pas tout réunir dans un même bloc. Je pense qu’il faut faire un choix : soit on fait un peu de tous types de formations ou alors on se concentre sur une seule ». Pour sortir de ce choix, un habitant prône quant à lui le dialogue en s’adressant « à toutes les entreprises et tous les entrepreneurs » : « vous-mêmes, vous vous collez aux lycées professionnels et vous leur demandez ce que vous souhaitez. Pas à la dernière minute mais au moins cinq ans à l’avance ».

Et c’est un jeune entrepreneur du territoire qui fait le lien en expliquant qu’au lieu « d’être cadre dans les tours de La Défense » comme il le souhaitait, il a réussi à créer son entreprise sur le territoire, en étant aidé ! « Aujourd’hui, j’ai envie de développer mon activité ici et on n’a pas envie de partir d’ici parce que finalement c’est là qu’on a créé notre activité, c’est là que les gens du territoire nous ont soutenus, c’est là que les gens du territoire consomment nos produits. On souhaite intégrer une partie pédagogique et on veut travailler avec les écoles et les lycées des alentours pour essayer de leur transmettre ce savoir parce que si à l’époque on nous avait montré ce qu’étaient les métiers un peu plus manuels de la transformation agroalimentaire ou autre, peut-être qu’on aurait eu envie de partir là-dedans », témoigne le directeur de I-grec.

Et le président de la communauté urbaine de conclure : « Notre rôle est d’assembler et de coordonner, c’est-à-dire que l’on doit avoir absolument tous les intervenants sur un territoire pour essayer de leur de- mander à un moment donné de participer à élaborer les meilleures réponses aux problèmes qui nous sont posés. L’objectif qui était le nôtre et qui est toujours le nôtre, c’est d’essayer de trouver quel est le dénominateur commun, qu’est-ce qui pourra vous être présenté demain et qui recevra l’acceptation de tous ».

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